Le mode d’emploi imparable pour que ton enfant mange de tout

Un jour, So m’a demandé “Mais pourquoi c’était aussi important pour toi?” et j’ai réalisé que je ne m’étais même pas posé la question. J’avais lu tout ce que j’avais trouvé sur le sujet, fixé des règles afin d’atteindre cet objectif, suivi les principes plus ou moins stricts que je m’étais imposés et, jamais, mais alors jamais, je ne m’étais jamais demandé pourquoi c’était aussi important pour moi que mon enfant mange de tout.

 

C’est qu’à la maison, que ce soit mon mec ou moi, on mange de tout, c’est comme ça. Je ne vais pas te mentir, mais j’ai toujours un peu de mal quand on est avec du monde et que je vois quelqu’un faire le tri dans son assiette pour éviter un bout de persil ou un morceau de poivron. La seul saveur que je n’aime pas (l’anisé que je le retrouve dans le fenouil, la réglisse ou le pastis) ne me dégoûte pas assez pour que je fasse l’affront à quelqu’un qui a cuisiné pour moi de rechigner à manger ce qu’il m’a fait, alors vraiment, je ne peux pas comprendre, je suis désolée. Je veux bien que certains se refusent de manger un aliment parce qu’ils sont allergiques ou pour des raisons éthiques (j’ai un cœur tu vois) mais dans tout le reste des cas je pense souvent “gâchis-gâchis-gâchis” et j’ai beaucoup de mal à faire preuve d’empathie. Je ne me voyais pas passer 3 repas par jour à être agacée par mon fils pendant les 18 prochaines années. C’était une évidence, je voulais qu’il mange de tout

En me basant sur toutes mes lectures sur le sujet, sur ce qui avait du sens pour nous et ce qui me semblait faisable, j’ai mis un plan d’action en place pour mettre toutes les chances de mon côté. Ce plan me semblait imparable et je voulais le partager ici. Que tu crois aux recettes magiques qui fonctionnent avec tous les bébés, que tu cherches de quoi t’inspirer ou que tu veuilles voir noir sur blanc dans quels principes infernaux a été capable de s’enfermer une jeune maman sans même se poser la question du pourquoi du comment, le voici:

  • Beaucoup de variété, très tôt. J’ai entendu quelque part qu’une fenêtre d’ouverture pour les nouveaux goûts / les nouvelles textures se fermait au premier anniversaire. Je me suis donc mis la pression pour lui faire goûter un maximum de choses avant ses 1 an. En me basant sur plusieurs sources (dont celle-là), je me suis fait des fiches d’aliments à lui faire essayer mois par mois. Dedans il y avait pleins d’épices, de condiments et de goûts bien plus forts que ceux auxquels on expose les bébés habituellement.  A un an je n’étais pas peu fière de dérouler mentalement la liste de toutes les saveurs auxquelles il avait été exposé.
  • Les goûts forts d’abord. J’ai commencé la diversification avec la courgette et pas avec la patate douce, Milo a bu du kéfir avant son premier yaourt, il a mangé du foie avant le steak haché. J’ai essayé de veiller à toujours garder le plus “facile” pour la fin. Cela veut aussi  dire que j’ai très longtemps évité tout ce qui avait une saveur sucrée. Encore aujourd’hui à deux ans il ne mange régulièrement que des fruits et pas en énormes quantités.  Si il mange une compote c’est mélangé à du yaourt et/ou à des céréales pour ne pas que ce soit trop sucré. Pas de ketchup, pas de miel, pas de confiture, pas de jus. Un bout de gâteau, une glace ou un carré de chocolat sont une option mais exceptionnellement et seulement depuis son dernier anniversaire. J’ai parfois un peu l’impression d’être un monstre.
  • Il faut parfois goûter plusieurs fois au même aliment pour l’apprécier. Alors les fois où il a fait la grimace, je lui en ai resservi et resservi les jours d’après. Cuisiné autrement, assaisonné autrement, disposé autrement… Au final ça a toujours marché.
  • On mange à l’heure des repas et pas en dehors. En allemand, il y a un proverbe qui dit “La faim est la meilleure des cuisinières” et je le trouve tellement juste. A la maison, on ne mange pas en dehors des repas donc on a faim quand on arrive à table. Ça doit aider, enfin c’est ce que je me dis à chaque fois qu’il me réclame à manger et que je dis “non, c’est pas l’heure” (#unmonstrejetedis)
  • On veut malgré tout lui mettre en tête que la nourriture est aussi une question de plaisir et de partage alors on essaie de manger ensemble, il joue avec sa cuisine pendant que nous faisons à manger, il jette les épluchures à la poubelle pour participer. On le laisse aussi manger tout seul depuis tout petit même si souvent ça prend du temps et même si il en met partout.
  • Il mange par besoin ou par plaisir mais pas pour nous faire plaisir donc on ne le force ni ne le félicite jamais, si il ne veut pas manger c’est pas grave il peut retourner vaquer à ses occupations, s’il a mangé, ça a dû lui plaire, c’était bon ou il devait avoir faim, pas de quoi dire bravo, non plus.

 

Tu la vois la jeune maman tarée avec ses fiches d’aliments à organiser et ses foies de poulet à commander chez le bon boucher ? Tu t’imagines les horaires sur lesquels on s’est réglés et les gourdes de compote diluée pas trop sucrée à remplir pour le goûter ? Rajoute à ça le stress que je me suis mise pour trouver 8 façons de cuisiner la courgette et  m’assurer que tout soit bien équilibré, à compter les grammes de protéines pour m’assurer qu’il s’en sorte bien avec notre régime flexitarien. J’étais en congé parental la première année et j’aime beaucoup cuisiner mais malgré cela, je ne vais pas te cacher que cela m’a coûté beaucoup mais alors beaucoup d’énergie. (et qu’un jour j’ai pleuré parce que je n’avais assez de protéines à mettre dans son déjeuner). Ce serait mentir que de te dire que cette lubie que j’ai eue ne nous a pas fait perdre masse de moments “quali”.  Et tout ça pour quoi ?

Cela va bientôt faire deux ans qu’on a commencé et pour le moment ca marche, il mange de tout. Je touche du bois pour que ça dure parce que j’ai bien conscience que c’est pour le moment. Il y a deux semaines il a dit non aux brocolis. C’est passé mais un jour il verra ses copains manger des bonbons, repousser leurs légumes et arroser leurs assiettes de ketchup. Est-ce que ça marchera à ce moment là ? Et quand bien même ça marche pour lui, est-ce que ça marcherait pour un autre ? J’aime me dire que mes règles fonctionnent, que je ne fais pas tout ça pour rien mais je ne suis pas dupe, plus je regarde, plus je vois pleins de gosses difficiles pour lesquels les parents avait fait de l’alimentation une priorité alors qu’il y en a qui mangent de tout sans que leurs parents n’en ait fait une obsession comme je l’ai fait. Bref, deux ans ou presque, voilà le temps qu’il m’aura fallu pour comprendre qu’il n’y a pas de mode d’emploi imparable pour les enfants, jamais.

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4 réflexions sur « Le mode d’emploi imparable pour que ton enfant mange de tout »

  1. Oh le gros sujet ! Chez nous en ce moment en tout cas… Pour nous aussi c’était important mais quand même pas au point de mettre en place de telles stratégies 😉 . Je pensais que notre bon exemple suffirait. Malheureusement pour le moment ça n’a pas suffi, depuis ses deux ans environ, Pierre nous en fait voir de toutes les couleurs. De son côté bizarrement ce sont plutôt les textures le souci. En soupe ou en purée il mange tous les légumes, même ceux au goût fort comme le céleri ou l’aubergine. En morceaux non, et surtout (c’est grave) il ne mange RIEN de cru… Ni les fruits ni les légumes… Juste la banane. Pourtant à un certain âge il en mangeait ! Enfin il croquait dedans en tout cas… Bref, je ne sais pas bien ce qu’il s’est passé, pourquoi… Mais j’essaie de rester sereine, et optimiste pour la suite aussi… Je lui propose toujours des menus variés en respectant les règles que tu cites (et pour le coup je confirme qu’elles marchent) : rien entre les repas, tu manges ou tu manges pas comme tu veux mais pas de repas de substitution… Et parfois il accepte de goûter certaines nouveautés…

    1. La sérénité et l’optimisme me paraissent être la base, si les parents montrent l’exemple, tu avais bien raison ça devrait suffire (sérieusement je crois être partie un peu trop loin de mon côté) … Après il peut y avoir tellement d’explications aux chipotages du moment de Pierre : Plus je m’entend, plus je sens que j’ai vraiment trop recherché le sujet mais il y a un moment où tous les enfants refusent toute nouveauté, vers 2-3 ans (pile quand ils sont assez autonomes pour se débrouiller tout seul, ils sont donc armés pour ne rien manger de dangereux), juste après, ils calquent leurs goûts sur ceux de leurs pairs pour s’intégrer. (puis bon le petit frère qui est en pleine diversification ça doit aussi jouer) …. Bref, sérénité, optimisme et un bon « ce n’est qu’une phase, ça va passer » et tout ira bien 🙂 (Je te redis comme ça me fais plaisir de te voir ici à chaque fois ?)

  2. Hahaha ! Je me reconnais tellement dans les 2 premiers paragraphes : moi aussi les gens qui trient leur assiette / les gamins nourris aux coquillettes-jambon-ketchup me hérissent le poil… Personnellement, je pense que ta démarche globale est bonne : pour qu’un enfant aime tout (ou presque), le mieux reste certainement de lui en offrir la possibilité en « ouvrant » son palais à un max de saveurs dès le plus jeune âge, y a qu’à voir les adultes faire la grimace devant des aliments auxquels culturellement ils ne sont jamais exposés pour se faire une idée…😉
    Donc dans l’idée je fais comme toi avec ma fille, mais en moins draconien, parce que j’ai quand même eu l’occasion d’observer de près que ça ne fait pas tout…
    Mes parents nous ont fait goûter de tout aussi quand on était gamins MAIS là où moi je voulais toujours tout goûter, là où le chou-fleur (!!!) était mon mets favori dès 5 ans, eh bien figure-toi que mon frangin n’aimait RIEN (à part les pâtes, les œufs, et le jambon mais seulement s’il était haché…). Et il avait pourtant reçu la même « éducation » au goût que moi… Bref, même éducation => 2 extrêmes.
    Le truc c’est que souvent les enfants peuvent s’affirmer à travers le refus (construction de l identité via la bouffe par ex.), après en revanche une fois ado il a mangé de tout, donc peut-être que cette éducation au goût avait servi à quelque chose malgré tout ? Aujourd’hui il est pâtissier & cuistot…
    J’en ai conclu qu’ouvrir au goût est une très bonne chose vers laquelle il faut tendre, mais que quoi que je fasse finalement ça n’est pas moi qui décide, j’offre des possibilités en espérant que ma fille ne me rende pas chèvre en refusant tous les bons petits plats qu’on lui prépare 😁

    1. Mais vive le chou-fleur, moi j’adore ça ! Plus ça va, plus je me rends compte que je pourrais me détendre, je suis en bonne voie ! En tout cas merci pour l’exemple de ton frère, il est tellement parfait, j’y penserai pour rester zen la prochaine fois qu’il dit non à mes brocolis (ou à du chou-fleur !)

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