Que dire à une amie qui fait une fausse couche

Je ne pensais pas en faire un article au départ, et c’est une amie qui m’a fait passer le pas. Je trouvais ça sans doute trop intime, mais elle m’a dit j’ai beaucoup hésité à t’en parler je ne veux pas te faire revivre ça mais je crois que je vis la même chose que toi.

On ne devrait pas avoir peur de déranger ou de prendre la parole quand on vit un événement douloureux. Malheureusement nous sommes nombreuses à vivre des fausses couches, mais au final cela se sait très peu, c’est le constat que nous avons fait.

Une fausse couche touche environ  1 femme sur 4, et 50% des grossesses à moins de 10 jours d’aménorrhée (en gros tu ne te savais même pas enceinte, tu as des règles plus abondantes ou en avance). Prends le compte de tes copines, de tes connaissances et compte une sur 4. Pourquoi la parole n’est pas plus libre? Pourquoi doit on donner une vision belle et facile de la maternité? J’imagine que socialement il ne faut renvoyer qu’une image de bonheur et de réussite, mais j’aimerai vraiment que l’on se libère de tous les tabous autour de la maternité (non désir d’enfant, maux pendant la grossesse, difficulté ou impossibilité à procréer, fausse couche, dépression post-partum…)

J’aurais tellement aimé ne pas avoir à lui dire ces mots un peu plats, ceux que j’avais entendu, et ceux qui m’ont manqué quand j’ai fait un œuf clair moi aussi. 

Non tu n’as pas perdu un bébé mais ce n’est pas rien.

Effectivement que ce soit un œuf clair ou un embryon qui se décroche ce n’est pas un bébé. Au sens médicalement parlant. Mais pour nous femme qui les portons c’est déjà un peu notre bébé, en tout cas un bout de vie qu’on a créé avec celui qu’on aime. Alors oui on a pas perdu un bébé et on n’imagine pas la douleur des parents qui le vivent. Cependant on a mal aussi et on doit faire le deuil de cette grossesse là, de cet espoir là.

 

Tu n’y es pour rien.

Ce qui arrive, arrive. C’est nul, oui. Ce bébé n’aurait pas été viable ou en bonne santé. Tu n’as rien fait de mal, et surtout tu n’aurais rien pu y faire. Les médecins te diront c’est comme ça, ça arrive. C’est vrai et je rajoute que TU N’Y ES POUR RIEN.

 

Tu vas avoir un beau bébé en parfaite santé la prochaine fois.

Et à ça on s’y accroche! Tu sais que tu peux créer de la vie, et ce n’est pas rien. Les deux machines fonctionnent et ce n’est pas rien. Et même si c’est un peu plat à dire ta prochaine grossesse sera la bonne, tu vas porter un bébé en bonne santé.

 

Demande, insiste pour connaître la suite de la procédure.

Au final c’est peut être ce que j’ai trouvé le plus dur : le manque d’information et de passer uniquement par les urgences de la maternité. Je n’ai pas compris comment les choses allaient se dérouler, on ne m’a pas expliqué l’anesthésie locale. C’est la même technique certes, mais entendre le mot avortement fait beaucoup de mal quand on a désiré la grossesse. Juste se préparer au fait que pour le personnel c’est du quotidien, pour nous c’est un déchirement. N’avoir ni honte (honte de quoi je te rappelle que tu n’y es pour rien), ni peur de demander précisément le déroulé de l’évacuation de l’oeuf, ou de l’embryon. Quelles sont les techniques (médicamenteuse, aspiration) les anesthésies, le temps à l’hôpital, les contrôles? Et même si on peut avoir l’impression de gonfler les médecins, même si on est pas forcément cohérente Fuck c’est ton corps, ton histoire.

 

Tu n’es pas toute seule.

On est là nous. Quand tu veux, quand tu as besoin. Juste pour pleurer un bout, ou te changer les idées en rigolades. On sera là quand tu seras à nouveau enceinte et que n’attendra pas les 3 mois pour le dire à ceux qui comptent. On écoutera tes justes angoisses. Et tu seras libre, libre de tout nous dire, parce qu’on est là et qu’on t’aime.

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