Maman ailleurs : Nina à Londres – Royaume Uni

Aujourd’hui, je vais te présenter ma copine Nina. Elle est française comme moi, mais c’est à Londres, qu’elle est devenue maman et elle a plein de choses à raconter sur ce que ça change pour elle d’être maman là-bas.

Cela fait 12 ans que Nina est arrivée à Londres pour ses études de mode. Je verserais presque une petite larme parce que ça veut dire que cela fait 12 ans qu’on s’est rencontrées et il s’en est passé des choses depuis qu’on ne boit plus de snake bites. Je suis repartie et elle a, entre autres, rencontré son mec, lancé sa carrière de modéliste et eu 2 filles qui collectionnent les passeports et les langues maternelles. Si on demande à Iro, sa grande de 4 ans d’où elle vient, elle demande à sa mère  « Je suis de la France comme toi, ou de Bolivie comme Papa ?” Nina lui rappelle : “Tu es de Londres parce que tu es née ici et c’est là qu’on habite.” et Iro conclut “Ah oui comme Cami » (sa sœur de 10 mois). On cause maintenant des heures durant de nos enfants et de nos points de vue en matière d’éducation qui sont forcément un peu influencés par les pays dans lesquels nous nous trouvons.

Elle dit avoir appris à être mère en Angleterre et donc forcément avoir fait certaines choses différemment. « Habiter dans une autre culture oblige à remettre beaucoup de choses en question« . Nina a par exemple choisi d’accoucher chez elle. “J’ai accouché deux fois à la maison (avec des sages-femmes, c’est un service offert par l’hôpital public ici), je n’aurais jamais pensé à le faire si j’avais été en France”. Elle aurait en France aussi pris la décision d’allaiter mais elle est contente de l’avoir fait en Angleterre où elle a bénéficié d’aide et de support dès les premiers jours pour s’assurer que tout se passe bien. En Angleterre, le congé maternité légal est de 6 semaines indemnisé à 90% de ton salaire. Tu peux prendre un congé parental allant jusqu’à un an et retrouver ton poste après cela mais tu ne touches alors plus qu’environ 150 € par semaine pendant 9 mois. Nina a pris 2 congés de 8 mois. “C’est très commun de prendre entre 6 et 13 mois ici donc il y a beaucoup de groupes, activités, support en place pour les mamans et bébés de moins d’un an. J’aurais peut-être vu les choses différemment en France.

Il faut dire que la perte de salaire impliquée par un congé parental en Angleterre est compensée par les économies faites au niveau du mode de garde. Nina n’a pas bénéficié d’aides pour faire garder ses filles quand elle est retournée travailler. “En France je n’aurais jamais imaginé avoir une nounou à la maison. Ici les modes de garde pour les moins de 3 ans sont tellement chers qu’une nounou à la maison pour les deux filles ça a du sens.” Il faut dire qu’à 70 € la journée à la crèche publique du quartier, ce n’est vraiment pas donné donc embaucher une nounou ne coûte au final pas beaucoup plus cher vu qu’on n’a pas de cotisations patronales à payer. A partir de 3 ans, les enfants bénéficient de 15h de crèche par semaine gratuites, 30h si les deux parents travaillent, après c’est l’entrée à l’école primaire qui se termine généralement à 15h30. Dans ces conditions, Nina me dit que les femmes font le choix de travailler à temps partiel ou de “bosser pour payer la nounou” alors qu’elles n’en tirent au final aucun avantage financier “pour ne pas rester trop longtemps sans travailler, ou pour l’équilibre mental!« 

Et bien sûr maintenant qu’Iro est entrée à l’école j’étais obligée de lui demander ce qu’elle pensait de l’uniforme (Iro a un un superbe ensemble vert bouteille, perso je le trouve trop mignon et j’ai trouvé ça chouette de repérer direct les gamins de son école dans leur quartier!). Nina regrette un peu la mauvaise qualité du vêtement (ce doit être de la déformation professionnelle) mais elle adore comment il lui facilite la vie tous les matins. Il n’y a pas de discussion sur ce qui va être porté puisque l’uniforme est là. Elle commence même à penser à s’en faire un à elle pour aller travailler. Pour ce qui est de l’école, Nina trouve que les enfants ont plus de liberté en Angleterre. « J’ai l’impression d’avoir toujours été derrière un bureau à l’école.  Ici, il n’y a pas de bureau mais un grand tapis et des « stations » d’activité comme écriture, peinture mais aussi cuisine et théâtre. Et c’est comme ça jusque assez tard, les enfants sont encouragés à développer plein de façons de faire. J’adore aussi le côté portes ouvertes, les enfants peuvent aller en récré quand ils veulent, mais ça c’est juste pour les petits. »  . Et les stickers – ces bons points autocollants que les petits se voient distribuer à l’école ?  En allant les voir en septembre, j’ai vu qu’Iro en avait reçu un qui disait “Good job !”  à son cours de danse. Nina m’a dit qu’il n’y avait pas une activité organisée sans stickers “à la piscine, elle a même eu un sticker imaginaire la dernière fois”. On s’est dit que ça ne servait peut-être à rien si c’était distribué de façon automatique mais qu’en même temps, c’est chouette cette façon qu’ont les anglais de toujours complimenter les enfants.

Pour ce qui est de la nourriture Nina par contre est restée très française : les snacks c’est exceptionnel et ses filles mangent plein de légumes et du fromage qui pue. “On va pas me dire que de la saucisse, du bacon et des œufs, c’est un petit déjeuner équilibré pour un enfant de 12 mois (écrit noir sur blanc dans une brochure NHS- la sécu anglaise)” mais son frère lui pique souvent ses accessoires de repas, verres/gourdes, cuillères souples et autres bavoirs car ils sont apparemment plus pratiques outre-Manche. Nina et sa famille ont pris quelques habitudes bien anglaises : elle a adopté le tea time (“les enfants mangent à 5h de l’après-midi et se couchent à 19h30. Les parents mangent après, quand ils sont couchés. On mange avec eux le midi quand on bosse pas pour partager des moments à table.”) et le porridge au petit déjeuner (“Mais que mange les enfants français au petit déjeuner ?« )

Voilà, j’espère que ce portrait de maman ailleurs t’a plu parce qu’on va essayer de t’en présenter régulièrement. D’ailleurs si tu connais des mamans ailleurs (ou des mamans d’ailleurs) qui veulent témoigner, n’hésite pas à nous les envoyer !

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2 réflexions sur « Maman ailleurs : Nina à Londres – Royaume Uni »

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