Ma préparation à l’accouchement avec une doula

Voilà Basile est né, je suis un peu remise de mes émotions et je peux comme promis vous raconter ma préparation avec la doula.

Vous n’aurez pas à attendre la fin de l’article pour savoir que j’ai été très satisfaite de ma préparation. L’accouchement de Basile a été très différent de celui de Martin, cette fois j’ai été cette connasse de la pub pour Aubert avec mon bébé tout rose et souriant en plein arc en ciel magique. C’est la contingence de plein de choses qui ont permis cela. Ma préparation, l’équipe de la maternité, les conditions “médicales”. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons à la préparation.

Anne est venue en tout 6 fois chez moi. 5 avant l’accouchement et 1 après (et une petite visite à la maternité). Sébastien a assisté à 2 séances de préparation. C’est bien mathématique ces détails quand on sait à quel point cette préparation a été humaine.

La toute première séance a été, malgré ses apparences de simplicité, la vraie première pierre et a posé les fondations de cette préparation. Pendant 2h, autour d’un thé (une théière) nous avons juste échangé avec Anne. Enfin échangé… J’ai beaucoup parlé, pour expliquer ce que j’avais vécu avec Martin, d’autres craintes venues en cours de route. Un gros gloubiboulga d’émotions lié à mon vécu de femme et de déjà mère.  Devoir poser à plat tout ce qu’on a dans la tête permet de bien faire le tri et de savoir précisément ce qui nous fait peur, ce dont on a envie, mettre le doigt sur l’essentiel. La vraie première étape pour pouvoir aller dans la direction qu’on souhaite.

On a parlé de plein de choses et notamment de capacités physiques. Elle a su m’amener à un souvenir précis : j’ai retrouvé une sensation à laquelle je me suis beaucoup accrochée. J’ai (il y a fort longtemps) couru une course de 13 km, je n’avais jamais couru plus de 5 km avant, mais je ne me suis pas posée de question j’y suis allée. Je n’ai pas pensé à l’arrivée, au temps qu’il me restait à courir, juste une foulée après l’autre. Il fallait que je vois l’accouchement de la même façon. Ne pas penser au temps qu’il restait jusqu’à la délivrance, une contraction après l’autre. N’être que dans le présent. Tout ça je le savais avant, je l’avais lu déjà, mais je crois que je ne l’ai compris qu’en retrouvant ce souvenir.

Pendant les autres séances on n’a pas suivi un programme fixe, nous avions un objectif et mille chemins pour y arriver. Mais à chaque séance, nous avons fait de la relaxation visualisation.. Lorsque j’avais des petites douleurs, nous faisions des exercices de yoga et des étirements pendant une partie de la séance. Nous avons fait des visualisations, travaillé les respirations. Beaucoup échangé sur les possibilités de positions et de détente pour le jour J. Sur l’aspect psychologique et psychique. Nous avons aussi échangé sur comment le corps fonctionne, le développement du bébé.

Le troisième trimestre de cette grossesse a été plein de rebondissements, avec la dernière écho qui laissait apercevoir à une césarienne (un bébé, en siège, qui explose les courbes de croissance). Nous avons beaucoup échangé, Sébastien et moi avec Anne la séance d’après l’échographie (puisque pour moi une césarienne programmée était l’opposé de l’accouchement que je souhaitais). Nous avons listé les questions que nous voulions poser en cas de césarienne, la meilleure des façons pour nous de vivre cet événement. Finalement j’étais prête à cette éventualité la, mais ce bébé étant un petit coquin, il s’est retourné après de l’acupuncture et est revenu dans les courbes (bon le plafond de la courbe mais dedans quand même!).

Pour les séances avec Sébastien, nous avons vu les façons dont le papa peut s’impliquer, aider la maman. Les possibilités pour me soulager, les respirations que j’avais apprises. Seb comme un bon élève a tout noté sur un bout de papier qu’il a ressorti le jour J. (trop mignon!). Nous avons aussi abordé le retour à la maison, nos craintes sur comment Martin pouvait vivre les choses. Elle nous a fait des retours d’expérience de famille qu’elle a suivi, la sienne.

Je pense que je n’étais plus la même entre le début de ma grossesse et le jour de l’accouchement. Une certaine sérénité s’est installée en moi. J’étais tout simplement prête. J’avais dans ma caisse à outils deux, trois conseils et techniques. Complètement accepté que je ne savais pas comment ça allait se passer. J’avais confiance en mon bébé, mon corps, mon mari et l’équipe médicale.

Au final je n’ai jamais pris le temps d’écrire mes souhaits de naissance (j’aime pas le mot projet qui fait un peu entreprise). Mais je savais exactement où j’en étais et ce que nous voulions. Nous pouvions l’expliquer à l’équipe sans avoir à le mettre sur papier. Lorsque mon grand a eu la varicelle et qu’on ne me pensait pas immunisée, on m’a expliqué que j’allais être déclenchée pour éviter une possible contagion in utéro à Basile, je n’ai pas eu peur. J’ai complètement accepté cette décision, et j’ai laissé la peur des conséquences du risque de la contagion de côté pour me focaliser sur l’accouchement, une chose à la fois. J’étais dans le présent et le présent c’était l’accouchement.

J’ai discuté avec Cécile, la sage femme de garde, de mes craintes, de ce que j’avais vécu lors de l’accouchement de Martin, de ce dont on avait envie aujourd’hui. Du factuel, pas de d’émotion qui vient parasiter mon propos.

Et c’est ce que je disais en introduction. En plus de la préparation ce qui a fait que cet accouchement a été pour moi “idyllique”, c’est aussi qu’il n’y a eu aucune urgence médicale, à aucun moment la vie de mon bébé ou la mienne n’a été en danger immédiat. La sage femme a été parfaite, totalement à l’écoute, douce comme il le fallait, en proposition pour que je reste active même avec la péridurale (aux Lilas elle est ambulatoire ça aide!).

J’ai été au bout de ce que je pouvais physiquement avant de demander la péridurale, j’ai été à l’écoute de mon corps, des sensations. Tout ça j’en suis persuadée c’est grâce à la préparation avec la doula. La musique que j’ai écouté au début, et qui m’accompagnait parfaitement, à été un peu choisi par hasard. J’écoutais beaucoup ce groupe (et le fameux enchaînement youtube) sur la fin de grossesse. Je voulais une musique sur laquelle je n’avais pas encore de souvenirs. Nous avons vécu un moment un peu magique, parfait, du genre de ceux que je lisais en récit d’accouchement qui m’agaçait et me faisait et rêver.

Pour ma première grossesse j’ai fait “l’erreur” de ne pas réfléchir à ma préparation. Là je suis persuadée que ça m’a permis d’être sûre de moi et détendue. Prête quoi! Je pense que ce type de préparation aurait été possible avec une sage femme, mais qu’il faut trouver la bonne, qui propose un accompagnement personnalisé. Je trouve dommage qu’on ne puisse pas avoir des conseillères en maternité qui pourraient nous aiguiller sur tout ce qui existe en fonction de nos besoins et envies. Mais tout n’est pas perdu parce qu’en s’y prenant dès le début de la grossesse on peut échanger sur des forums avec des femmes enceintes ou des déjà mères (pas mal pour un retour précis), avec nos copines ou du personnel avec qui on est à l’aise (en pmi, notre gyneco, ou même notre sage-femme de ville!).  Avec Anne j’ai appris principalement à me faire confiance, je vous jure ça fonctionne, faites vous confiance!

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