L’utérus artificiel : ça fait rêver ou ça fait flipper ?

J’ai lu cet article en anglais et c’est LE truc le plus effrayant que j’ai lu depuis 1984 (le livre hein pas l’année, en 1984, je naissais :D) alors je me suis dit que j’allais t’en faire un petit résumé au cas où tes sorties sur l’internet se limitent aux territoires francophones.

L’article commence en rapportant que des chercheurs de Cambridge ont mis au point un utérus artificiel, le biobag, dans le but d’augmenter les chances de survie des bébés prématurés. Ils le testent avec des agneaux prématurés (nés à l’équivalent de 22 à 24 semaines de gestation humaine) qui s’y développent très bien : l’agneau le plus âgé a maintenant un an passé. Des tests ont été faits avec un embryon humain pendant 13 jours. L’embryon s’y est parfaitement développé et la seule raison qui a poussé les chercheurs à mettre fin à l’expérience est la loi qui empêche un embryon humain d’être maintenu en vie pendant plus de 14 jours à l’extérieur du corps humain. Tout laisse donc à penser que le jour où la loi évoluera, il sera tout à fait possible de mener une grossesse à terme dans le biobag.

L’auteure est écrivaine et elle a publié un bouquin dont je traduirais le titre par La saison des reproductions (que j’ai maintenant trop envie de lire !). Elle y décrit un monde après l’invention de cet utérus artificiel et a donc forcément beaucoup réfléchi aux implications qu’une telle découverte pourrait avoir et qui sont à première vue plutôt cools. Elle explique que ça pourrait sauver la vie de prématurés, donner plus d’options à ceux qui ne peuvent concevoir naturellement, offrir aux foetus des environnements garantis sans alcool et autres substances et puis bien sûr éviter aux femmes les désagréments de la grossesse, de l’accouchement et toutes les inégalités entre les sexes liées à la maternité. Voilà qui vend du rêve, non ?

Sauf qu’elle s’est aussi interrogée sur le revers de la médaille et qu’elle évoque des questions qui ne me seraient pas venues à l’esprit : l’utilisation ou non du biobag comme méthode de gestation sera-t-elle un choix offert à tous. Les caisses d’assurances maladie ne seront-elles pas tentées d’éliminer ainsi tous les coûts liés aux grossesses/naissances traditionnelles en ne couvrant que les naissances via biobag ? Ou au contraire est-ce que le procédé sera si coûteux que seuls les plus aisés y auront accès ? Si cela est le cas, est-ce que les grossesses traditionnelles seront associées aux classes sociales les plus pauvres ? Est- ce que les enfants ayant été conçus dans un biobag seront avantagés plus tard ans leur vie ? Les mouvements pro-vie ne risquent pas de s’emparer du biobag pour garder en vie les foetus avortés au nom du droit des femmes à disposer de leur corps ?

Bref un article qui m’a ouvert les yeux sur l’état actuel de la science, qui pose de façon exhaustive les enjeux du débat et dont je serais ravie de discuter si, toi aussi, il t’a interpellée. (Parce que sérieux, dites moi la vérité, n’a t’on pas été toutes tentées par le concept du biobag à un moment ou à un autre de la grossesse ?)

 

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