La minute bib : Clémentine Beauvais

Clémentine pourrait être une de ces nanas agaçantes, pas moche, jeune, intelligente, talentueuse… Mais en fait non… Attention article fleuve mais j’te jure qu’à la fin tu vas filer dans la librairie ou la bibliothèque la plus proche de chez toi (enfin j’espère).

J’ai présenté ces 3 romans au club ado (1 fois par mois à la médiathèque nous y présentons des nouveautés, des coups de coeur livre, cd, dvd parfois même articles de presse #vismaviedebibliothécaire) 3 gros coups de coeur.

Les petites reines.

Je sais d’avance que je ne vais pas réussir à bien vous rendre mes sentiments sur Les petites reines

Les petites reines ça a été le gros gros coup de cœur à sa sortie, la pépite la lumière dans l’obscur univers du travail. (j’en fait des caisses? bon ok c’est vrai…) Mais ce qui est certain c’est que ça a vraiment été une bouffée d’air frais, un roman qui fait du bien.

Le thème pas forcément hyper vendeur ou original : le harcèlement scolaire et la revanche par l’accomplissement de soi.

Le pitch (comme je suis d’un naturel bavard et pas très synthétique à l’écrit je vous glisse la brève présentation de l’éditeur) : » À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals au fil de leur odyssée. En vie, vraiment. » (merci au personnel de Sarbacane pour ce résumé)

Quelle fraîcheur dans ce récit, très clairement Mireille la narratrice, est drôle, parfois lourde mais elle le sait. Un personnage qui se révèle au fil des pages un peu plus profond que ce que l’on pensait en voir. Je me rappelle avoir tellement ri. Quelle fluidité, liberté de langage, j’essayais de trouver des citations pour mes collègues qui me voyaient me bidonner, et ne pas réussir à en trouver parce qu’à chaque fois que j’allais leur lire le passage je me disais non il faut reprendre plus haut c’est drôle aussi et on comprends mieux la vanne, non plus haut, non plus haut et je me retrouvais à presque lire 1 ou 2 pages en entier… Alors j’ai arrêté d’essayer et je leur ai donné à lire! Mais on ne fait pas que rire il y a aussi beaucoup de tendresse. Quand je parle de ce livre aux lecteurs, je l’appelle avec douceur le livre de mes trois boudins…

Ce livre a reçu plein de distinctions.

Il y a eu une adaptation au théâtre que je n’ai pas vue.

Il semblerait qu’une adaptation ciné serait faite (rumeur…?). ça s’y prête totalement. Évidement je vais être déçue.

Comme des images

Un livre assez étonnant. Très noir. Ce qui est assez rare dans la littérature ado. Il y a souvent le happy end. Là ce n’est pas tout à fait ça. Elle y dépeint vraiment bien les états d’âmes adolescents et cette quête de l’identité, identité de soi, et dans le groupe. J’ai rebondi sur la présentation du mois d’avant des petites reines pour en reparler et préciser que c’est la même auteur qui a un ton totalement différent. Preuve de son talent.

A sa sortie toute la littosphère (oui je surfe sur la wedosphère depuis la préparation de mon mariage, sur la blogomum depuis ma grossesse et sur la littosphère depuis que je travaille en bibliothèque #internetestmonami) était en émoi, nous l’attendions, le dernier Clémentine Beauvais :

Songe à la douceur

Une adaptation d’un roman de Pouchkine, en vers libre.

Voilà… en vers libre. On a pas trop l’habitude. Quand je l’ai commencé j’avoue avoir été un peu déroutée par la versification (bien que ce ne soit pas un frein pour moi).

Puis au bout de deux, trois, quatre pages, c’est parti, comme un train, on démarre doucement, on se rend compte qu’on avance, que le paysage avance, puis on est hypnotisé. C’est l’effet que m’a fait ce roman et son écriture finalement légère et habile.

Je crois que je comprends pourquoi ce livre a eu autant de bonnes critiques. Il sera difficile de vraiment retranscrire mon ressenti.

J’y suis allée prudemment, en marchant sur des œufs, en le manipulant avec des pincettes. Toujours un peu méfiante face à l’unanimité. Je prenais les vers libres pour une coquetterie d’auteur (pardon.); après l’avoir fini je ne vois comment il aurait pu être écrit autrement.

Il a résonné en moi avec force. Peut être une trop grande identification à la Tatiana adolescente, plongée dans ses livres et qui préfère vivre pleinement ses rêveries que de se frotter à la réalité. Quoique…

Je pourrais essayer de dire, d’analyser, disséquer cette histoire d’amour contrariée. Les sentiments adolescents, la passion et l’amitié de cette période de la vie qui nous construit. Vous mettre une citation de la sœur de Tatiana qui retombe sur son agenda de seconde.

Vous raconter ce voyage entre l’âge adulte et l’adolescence, qui peut laisser une vilaine arrière pensée qu’une fois adulte on a beau être heureux, il manque ce petit je ne sais quoi, cette impétuosité, cette insouciance, cette passion de l’adolescence. Comme si nous n’étions plus entier. Limite comme une question de survie.

Je pourrais aussi décrire maladroitement le classicisme et la modernité de ce roman. Mais je vais juste essayer de donner mon impression, pourquoi j’étais autant à fond.

Avec Songe à la douceur j’ai voyagé, dans le temps, dans l’esprit des gens. A chaque fois que j’ai ouvert le livre c’est comme si on me happait, me harponnait.

Les trajets habituellement si lents sont devenus trop courts, avec une telle concentration que j’en ai raté des stations. La déception de voir des collègues à l’arrêt de bus, devoir délaisser le livre pour discuter, se sociabiliser. Vouloir des étudiants calmes en salle de travail pour reprendre son livre, être troublée par l’arrivée 2/3 minutes plus tôt du collègue qui prend la relève. Finir un mouvement (il n’y a pas vraiment de chapitre et encore moins de paragraphe, mais des mouvements, des élans, les mots et la petite musique de la poésie qui nous entraînent) dans l’escalier qui conduit à la salle de pause, ne pas vouloir gâcher le moment avec des obligations aussi futiles sur le moment que d’aller déjeuner.

La fin sans doute parfaite.

En fait le mieux pour que vous compreniez serait de le lire, de vous faire votre propre idée. Même si j’ai terriblement peur de rencontrer quelqu’un qui ne l’a pas aimé, parce que je n’ai pas envie d’argumenter, et que je serais bien en peine de le défendre comme il le mériterait.

 

Je crois que vous l’aurez compris je suis complètement fan de cette auteur. Quand j’ai l’occasion je lis ses romans précédents et pour les plus jeunes. Jusqu’à maintenant je n’ai pas été déçue.

 

Pour la retrouver on ze net :

Son site et son blog, où elle fait sa promo mais aussi où l’on peut trouver ses écrits et analyses sur la littérature et particulièrement la littérature jeunesse.

 

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