Montreuilloise

Si tu me demandes d’où je viens, je te répondrai de Montreuil, toujours.
Si tu ne connais pas, je te montrerai Paris entre mon index et mon pouce. Montreuil, c’est un peu l’ongle de mon pouce et tu me diras souvent “ah ouais c’est comme Paris”.
Je te dirai non. Parce qu’on a beau avoir une porte sur la capitale et trois stations de métro, c’est compliqué pour moi de te dire que je viens de Paris.

Un peu parce que je ne veux plus risquer cette réaction déçue du Parisien d’origine contrôlée qui pourrait entendre notre conversation. L’AOC Intramuros tire souvent la tête quand on ne répond pas par un nombre ordinal à sa question fétiche “quel arrondissement ?. Continuer la lecture de « Montreuilloise »

Mes poils et moi

Dans les rues de Berlin et sur internet, je vois de plus en plus de nanas qui ne s’épilent pas et je les admire.

J’ai toujours trouvé ça un peu triste que certaines filles n’osent pas sortir de chez elles pas maquillées ou passent leur vie perchées sur des talons de 12 parce que ça leur fait la jambe fine alors que ça leur ruine les pieds. Je veux pas mentir, je me croyais au dessus de tout ça, je pensais que les injonctions faites aux femmes en matière de beauté ça ne me touchait pas mais ça c’était jusqu’à ce que je réalise que me laisser pousser les poils c’était trop pour moi. Continuer la lecture de « Mes poils et moi »

J’avoue mon fail : je n’arrive pas à rendre mon dressing éco responsable

Bon…

J’en suis pas fière, je vous en parlais dans un article, des efforts que j’ai pu faire dans mon dressing et ce sont de vrais efforts, je ne les remets pas en cause. J’achète (beaucoup) moins, et plus d’occasion, mais non vraiment je n’arrive pas à m’en tenir à mes bonnes résolutions… Je consomme bien moins, mais pas forcément mieux…

Petit précis du mieux selon moi :

  • La matière : essayer de ne pas porter trop de matières synthétiques (en plus on pue vite dedans) et privilégier les matières naturelles. Si c’est bio c’est bonus.
  • Le lieu de fabrication (et de par le fait souvent le traitement des ouvriers) : vous ne vous demandez jamais pourquoi certains produits coûtent aussi peu cher? On l’impute souvent à la qualité des matières (et ma foi, on a raison) mais aussi à la localisation, que notre tee shirt à 3 euros fasse le tour de la terre pour atterrir dans notre dressing est possible parce que la main d’oeuvre ne coûte quasi rien… On s’en doute pas mal mais quand on a les chiffres sous les yeux c’est assez effarant… Le coût de la main d’oeuvre est 3 fois moins cher que la matière première sur une basket de grande marque…  et je ne vais pas remettre sur le tapis les scandales Zara et l’effondrement de l’usine au Bangladesh (pour ne citer que les plus célèbres)…

J’avoue  que“bêtement”, je ne pousse plus jamais les portes d’un zara, mais je pousse les portes d’un H&M (avec “la bonne conscience” du H&M conscious…) ou d’une grande enseigne pas spécialement clean (Monoprix je t’aime je l’avoue…). Martin s’habille beaucoup en seconde main (particulièrement cette année) mais aussi en H&M et Monop qui ne sont pas très reluisant mais dans le style que j’aime et dans mes prix pour un enfant qui ne fait que grandir!

Perso je trouve plus facile de passer par la seconde main de vêtement pas forcément éthique que de vêtement labellisé éthique. Pourquoi? Continuer la lecture de « J’avoue mon fail : je n’arrive pas à rendre mon dressing éco responsable »

Mr G., le temps et l’envie

Pour cette semaine de rentrée, je voulais te raconter une petite histoire qui m’a fait prendre une bonne résolution de septembre. C’est parti !

J’essaye de passer voir mes voisins de paliers régulièrement. Monsieur et Madame G. ont 89 et 92 ans. Il habitent dans l’immeuble depuis qu’il a été construit. Ils y ont élevé leurs enfants. Ils y ont vu grandir leurs petits enfants et ils ont encore quelques jouets qu’ils prêtent à mon fils quand y allons. A chaque fois, Mme G. ferme la porte à clef pour que le petit qu’ils laissent vadrouiller dans leur appartement ne s’échappe pas. Pendant ce temps là, M. G. fait le café avant que nous ne nous installions tous autour de la table où nous finissons toujours par discuter de l’immeuble, du monde, de Berlin, de France, de nos vies.

Au début de l’été M. G. nous a montré les tomates qu’ils avaient fait pousser sur son balcon. Il m’a dit que je devrais en faire pousser, que les enfants adoraient ça. Je lui ai raconté comment le patron de mon mec avait offert des plants de tomates à toute son équipe et comment ceux que nous avions récupéré attendaient désespérément que nous les plantions. Nous n’avions pas encore eu le temps. Là il me répond:

– Vous n’avez pas envie, je comprends. Continuer la lecture de « Mr G., le temps et l’envie »